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Sénégal : bavure policière à l’Ucad, un étudiant tué

Horreur à l'ucad

l’étudiant tué par la police était en première année de math physique

Le régime de l’ancien président de la République du Sénégal, Abdoulaye Wade a fait une victime en son temps. L’étudiant Balla Gaye originaire de la ville de Tivaouane avait trouvé la mort le 31 janvier 2001 lors d’affrontements entre policiers et étudiants au sein même du campus social. Un policier du nom de Thiendella Ndiaye avait été arrêté avant d’être libéré.

Le régime de Macky Sall, successeur de Wade lui aussi a sa victime. L’étudiant de première année en math physique, Bassirou Faye a été tué au cours d’affrontements ayant opposé étudiants de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar aux forces de l’ordre. La victime a reçu une balle affirment ses camarades qui étaient présents quand leur ami a été touché… D’autres étudiants, plus de 200 ont été blessés. Au service des urgences de l’hôpital principal où l’étudiant décédé a été acheminé, beaucoup de blessés étaient presque méconnaissables à cause de leurs blessures. Des jambes cassées, des lèvres coupées, des têtes ensanglantées, des visages défigurés. Les visiteurs étaient abasourdis.

Tout est parti de la manifestation des étudiants au campus qui réclamaient leurs bourses dans la soirée du mercredi 13 août. Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche avait annoncé le paiement à la veille. Malheureusement, les bourses n’étaient pas disponibles, ce qui a provoqué la colère des étudiants. Toute la nuit ils se sont livrés à une dure bataille avec les policiers qui se sont installés à l’Ucad depuis le 21 novembre 2013. Les échauffourées ont repris tôt le matin du jeudi jusqu’à 16 heures. L’irréparable s’est produit entre 16 heures et 17 heures.

Le Premier ministre Mohamed Dione qui s’est rendu à l’hôpital principal où ont été admis les blessés et le corps sans vie de Bassirou Faye, a demandé sur place au ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Mary Teuw Niane, de lire le communiqué du gouvernement. Ce dernier dit « regretter les affrontements ayant conduit à la mort d’un étudiant. Il annonce l’ouverture d’une enquête par le procureur de la République ».

Quelques étudiants ayant suivi la déclaration du ministre de l’Enseignement supérieur ont tout bonnement exigé la démission de Mary Teuw Niane considérant que les limites  étaient atteintes  : Ça suffit ! il faut que cela cesse. Nous ne voulons plus que des étudiants qui manifestent légitiment pour le paiement de leurs bourses ou pour autre chose, soient tués par des éléments des forces de l’ordre ». A leurs yeux, les policiers n’ont pas leur place au campus. Les étudiants veulent une enquête impartiale menée à son terme, afin que cette fois-ci la personne responsable de cet assassinat soit arrêtée, sanctionnée et punie,  car : « Il ne faut surtout pas que ce drame finisse comme avec le cas de l’étudiant Balla Gaye qui, jusqu’ici n’est pas élucidé ». Cette tragédie intervient au moment le chef de l’État sénégalais se trouve en France sur invitation de son homologue François Hollande pour participer à l’anniversaire du débarquement de Normandie.

A Dakar, c’est toujours le silence deux ans après l’assassinat de l’étudiant Mamadou Diop

Mamadou Diop a été tué par la police lors d'une manifestation politique le 31 janvier 2012

Mamadou Diop a été tué par la police lors d’une manifestation politique le 31 janvier 2012

Il était une fois un étudiant du nom de Mamadou Diop. Le jeune homme a été tué fin janvier 2012 lors d’une manifestation contre la candidature à un troisième mandat d’Abdoulaye Wade. Deux ans après le drame, où en est le dossier ? Mystère ! Deux policiers ont été arrêtés il y a un an. Ils sont poursuivis pour coups mortels et blessures volontaires. Depuis lors, aucune information. La famille, les amis et les proches du défunt vont encore commémorer le deuxième anniversaire de sa disparition sans comprendre le  silence des autorités.

Il y aura des prières et des témoignages lors du deuxième anniversaire de la mort de Mamadou Diop, étudiant à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (ucad) .Tout devra se passer à Mbour, à 80 km de la capitale sénégalaise ce 31 janvier 2014. Selon ses proches, une forte mobilisation est annoncée pour rendre hommage « au jeune martyr ».

Les circonstances de la mort de Mamadou

Tout s’est passé le 31 janvier 2012, année électorale. A la place de l’Obélisque, le soleil s’est couché. Il était 20 h 30. Sur place, presque tous les leaders politiques du Mouvement du 23 juin étaient réunis aux côtés des acteurs de la société civile, des rappeurs, artistes et du  Mouvement Yen a marre. Les manifestants qui étaient là depuis le début de l’après-midi venaient tout juste d’annoncer la fin du rassemblement. C’est à ce moment que les forces de l’ordre, des policiers, en particulier, bien armés ont tiré sur la foule des grenades lacrymogènes. Comme si cela ne suffisait pas, le chauffeur du dragon, pour parler d’un véhicule de la police a forcé le barrage en roulant à grande vitesse en direction de la foule. Ceux qui l’avaient aperçu ont pris la fuite. Presque tous les leaders politiques avaient déjà regagné leur domicile ou leur quartier général.

Les choses se sont vite passées. Mamadou Diop, qui a  tardivement vu le véhicule rouler a été broyé. Le véhicule fou ne lui a laissé aucune chance. I l sera secouru par des manifestants qui ont tenté le sauver, mais peine perdue. Une ambulance de Suma Assistance a évacué le jeune étudiant qui se battait contre la mort. Vers 22 heures, c’est l’irréparable ! Mamadou a rendu l’âme devant des étudiants inconsolables. Il  est mort d’une hémorragie interne. La nouvelle qui s’est vite répandue grâce aux stations radio a fait venir des centaines de personnes à Suma Assistance. Le candidat Macky Sall, actuel président de la République s’est aussitôt rendu sur les lieux. Il a déploré ce qui s’était passé et a apporté son soutien au père de la victime.  « Je suis venu voir un militant du parti » a lancé Macky Sall devant quelques  journalistes. Au même moment, les étudiants exprimaient leur indignation. A l’intérieur du campus social comme devant la porte de l’Ucad, ils ont brulé des pneus, barré la route avec des troncs d’arbres et autres poubelles. Dans d’autres artères de Dakar, c’est le même scénario. Le bilan était lourd : des blessés, des arrestations, des saccages d’édifices publics. Il était très difficile de calmer ces milliers de jeunes en colère contre la mort d’un de leurs camarades âge de 32 ans. Mamadou Diop a laissé derrière lui, une épouse, deux enfants, une famille révoltée qui ne demande que justice.