Mbeubeus : Cette mère dangereuse qui nourrit quand même ses enfants

                            Si elle était une personne, on l’appellerait la mère de tout  Dakar. C’est une décharge que j’ai moi-même visitée. Mon premier contact avec cette décharge, a été très décevant. Tout autour, des enfants en haillons, tête sale, corps recouvert de sable, cherchent des pièces et autres objets récupérables. Peu importe le danger. Pour ces enfants, tous les moyens sont bons. Ce sont des centaines de personnes qui s’affairent chaque jour autour de cette décharge. Connue de nom, de toute la capitale sénégalaise, mbeubeus est ouverte en 1968 par les autorités sénégalaises. Elle est couvre une centaine d’hectares, et quelques 1 300 tonnes d’ordures y sont déversées au quotidien. Un trésor certainement,  pour ces centaines de  ‘ récupérateurs ‘.Ce sont des  hommes et des femmes dont le métier consiste à récupérer ce qu’ils peuvent notamment les plastiques et les  métaux sur ces tas de déchets. Même si cette activité permet de gagner correctement sa vie, elle est cependant dangereuse. On y court le risque lié à l’exposition des métaux lourds tels  que le zinc et le plomb. Face au danger permanent, le régime libéral avait annoncé la fermeture et la réhabilitation de la décharge. Le site devrait abriter à terme une centrale de valorisation du biogaz, fruit de la coopération sénégalo-canadienne. Le projet avait  prévu  d’indemniser  les ‘récupérateurs’ et un accompagnement pour leur réinsertion sociale. L’objectif final étant de convaincre ceux qui risquent leur vie dans la récupération des déchets à avoir d’autres activités saines et plus rentables. Pour une première étape, il est prévu la délocalisation  de la décharge à Sindia, localité située dans la région de Thiès .Mais Elle ne  sera pas la bienvenue. Les populations de la zone ont exprimé leur désaccord. A leurs yeux, leur village ne sera être envahi par ces ordures. Ce refus a été pris très au sérieux par le régime de Macky Sall. La question a fait  d’ailleurs l’objet de débat à l’assemblée nationale. Dans les réponses aux questions des députés, le ministre de l’environnement a reconnu le danger que cette décharge pourrait présenter dans le village de Sindia.’ Il faut trouver un autre site’, soutient  Mor Ngom.La question qui se pose aujourd’hui est de savoir, mais qui adore vraiment cette mère ? Finalement elle est rejetée partout et par tous.

Dakar: Ne jouez pas avec la santé des individus

Dakar offre aujourd’hui un décor qui crève les yeux.Des tas d’ordures occupent l’espace face au silence inquiétant des autorités.

La capitale sénégalaise vit depuis trois jours une situation insupportable.Des ordures jetées ça et  là au vu et au su de tous.Dans des quartiers comme Grand Yoff, commerçants et tas d’ordures font bon ménage.Il faut boucher les narines pour éviter l’odeur nauséabonde qui se dégage de ce désastre écologique. A l’origine de la situation, la gréve des concessionnaires et techniciens de surface.Ils réclament prés de deux milliards de francs cfa représentant quatre mois d’arriérés de salaire.Les agents en charge du nettoiement laissent derrière eux ces ordures,les animaux en divagation  assurent.

 Ils mangent tout, même les sachets en plastique. Face au danger, les autorités font toujours la sourde oreille.Au deuxième jour de ce mouvement , les grévistes ont laissé entendre qu’ils ne vont pas reculer.Sur le terrain  ça pue partout.Certains observateurs estiment que si rien n’est fait dans les prochains jours, le sénégal risque de vivre un véritable problème de santé de publique.Ce n’est pas pour la première fois que les techniciens de surface observent un mouvement de gréve.Très souvent, ils déplorent le retard noté dans le payement de leurs salaire. Les autorités sont donc interpellées, elles doivent trouver une solution définitive à la problématique des ordures.Mais ce qui inquiète,c’est le silence des autorités.

Gambie : 12 heures chrono pour une traversée

sédhiou  99

Chaque jour, des centaines de personnes traversent le fleuve  » Gambie « . Le moyen de transport le plus utilisé demeure ce « corbillard mobile », pardon le ferry qui assure la liaison village de Farafegné à Sénoba. Dans cet engin, tout le monde est passager, les personnes comme les animaux, les véhicules et autres marchandises embarquent et prennent tous le départ. Vous n’allez pas croire, mais ce ferry fonctionne avec un seul moteur. C’est ce qui fait que très souvent les passagers sont bloqués en pleine traversée à cause d’une panne du moteur.

Sur une distance d’environ deux kilomètres, le temps mis varie entre 1 h à 1 h 30. Autre calvaire vécu, c’est le temps que le voyageur peut perdre avant l’embarquement. Certains passent la nuit (passagers simples) ou font une semaine au bac (chauffeurs de camion) d’autres 12 heures de tour d’horloge. En plus de cet enfer, il n’y a pas de gilet de sauvetage.  Moi qui ai pris ce ferry je ne sais pas combien de personnes étaient à bord, ni les agents en charge de l’embarquement, personne ne peut vous indiquer le nombre de passagers par traversée. Ici, la surcharge est érigée en règle face à des risques de naufrage devenus ordinaires. Le danger est bien là, mais le dénoncer sur place est synonyme de suicide.

Dans ce pays frontalier avec le Sénégal, dirigé par un certain Yaya Jammeh, la liberté d’expression n’existe pas. La presse est bâillonnée, les défenseurs des droits de l’homme sont intimidés, les opposants politiques forcés à se taire de peur d’être envoyés en prison. En Gambie le président est aux anges, le peuple est sans droit. Paradoxe, ce pays a vu naître le procureur de la Cour pénale internationale, Fatoumata Ben Souda.