Ucad: Enfin justice pour Bassirou Faye

Horreur à l'ucad

l’étudiant tué par la police était en première année de math physique

Le verdict est tombé dans l’affaire Bassirou Faye, nom de cet étudiant tué à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. La Chambre criminelle a condamné le policier Sidy Mouhamed Boughaleb à 20 ans de travaux forcés  pour  meurtre  et 50millions de dommages et intérêts à verser à la famille du défunt.

Le juge n’a pas suivi le Procureur général qui, dans ses réquisitions, avait trouvé des circonstances atténuantes à l’accusé et avait demandé qu’il soit condamné à 5 ans de travaux forcés.
Sidy Mouhamed Boughaled  a déjà fait deux ans en prison.

A l’université, à l’annonce du verdict la nuit dernière, beaucoup d’étudiants ont poussé un ouf de soulagment.Certains pensent que cet acte va contribuer à l’apaisement de la tension qui règne dans le campus depuis la présence des forces de l’ordre dans le temple du savoir. Cette condamnation contre un policier, est une première aux des yeux des observateurs.

Sous l’ancien régime dirigé par Abdoulaye Wade l’étudiant Balla Gaye originaire de la ville de Tivaouane a trouvé la mort le 31 janvier 2001 lors des affrontements entre policiers et étudiants au sein même du campus social. Un policier du nom de Thiendella Ndiaye a été arrêté avant d’être libéré, en 2012, l’étudiant Mamadou Diop a été écrasé par un véhicule de la police au cours d’une manifestation d’opposition à un 3é mandat de Wade, manifestation tenue à la place l’obélisque, loin de l’université. Pour ce dossier, la police n’est pas inquiétée.

  Mort de  Bassirou Faye, qu’est ce qui s’est passé ?

L’étudiant de première année en Math Physique, Bassirou Faye a été tué au cours des affrontements ayant opposé étudiants de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar aux forces de l’ordre. Le défunt a reçu une balle selon ses camarades qui étaient présents quand leur ami est touché…D’autres étudiants, plus de 200 ont été blessés. Au service des urgences de l’hôpital principal où l’étudiant décédé a été acheminé, beaucoup de blessés étaient presque méconnaissables à cause de leurs blessures. Des jambes cassées, des lèvres coupées, des têtes ensanglantées, des visages défigurés, la situation a mis les visiteurs dans leurs états.

Tout est parti de la manifestation mercredi soir des étudiants au campus qui réclamaient leurs bourses. Le Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche avait annoncé le payement à la veille. Malheureusement, les bourses n’étaient pas disponibles. Ce qui a provoqué la colère des étudiants qui, toute la nuit se sont livrés à une dure bataille avec les policiers qui se sont installés à l’ucad depuis le 21 novembre 2013. Les échauffourées ont repris tôt le matin du jeudi jusqu’à 16h heures. L’irréparable s’est produit entre 16h et 17h.

Le Premier ministre Mohamed Dione qui s’est rendu à l’hôpital principal où sont internés les blessés et le corps sans vie de Bassirou Faye, a demandé sur place au ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche Mary Teuw Niane, de lire le communiqué du gouvernement. Ce dernier dit ‘regretter les affrontements ayant conduit à la mort d’un étudiant. Il annonce l’ouverture d’une enquête par le procureur de la république.’

Quelques étudiants ayant suivi la déclaration du ministre de l’enseignement supérieur ont tout bonnement exigé la démission de Mary Teuw Niane. « Il a atteint ses limites ça suffit ! il faut que cela cesse. Nous ne voulons plus que des étudiants qui manifestent légitiment pour le paiement de leurs bourses ou pour autre chose, soient tués par des éléments des forces de l’ordre ». A leurs yeux, les policiers n’ont pas leur place au campus. Ils veulent une enquête impartiale menée à son terme, afin que cette fois-ci la personne responsable de cet assassinat soit arrêtée, sanctionnée et punie. « Il ne faut surtout pas que ce drame finisse comme avec le cas de l’étudiant Balla Gaye  qui, jusqu’ici n’est pas élucidé », ont-ils martelé. Ce drame intervient au moment le chef de l’Etat sénégalais se trouvait en France sur invitation de son homologue François Hollande pour participer à l’anniversaire de débarquement de Normandie.

Ziguinchor :la résurrection ?

En 2002, le « joola « , bateau qui assurait la liaison Dakar- Ziguinchor,a coulé dans les eaux gambiennes.Chiffres annoncés ça et là, 1800 morts même si beaucoup de familles doutent de la fiabilité de ce bilan.Seule certitude, le joola devait accueillir 450 passagers .Cette nuit là, il a transporté plus de 1000.Ce drame  considéré comme la grande catastrophe maritime mondiale ,reste toujours gravé dans les mémoires.13 ans  après ,précisément le 22 mars 2015 ,  deux nouveaux bateaux,entament les rotations.Diambogne et Aguene. Retour sur ce voyage inaugural de l’un des navires Diambogne avec a son bord 203 passagers, 27 véhicules, 57 tonnes de marchandises .L’espoir certes, mais ces populations de la Casamance  ne sont pas encore au bout de leur peine.

Reportage audio

Dakar: Ne jouez pas avec la santé des individus

Dakar offre aujourd’hui un décor qui crève les yeux.Des tas d’ordures occupent l’espace face au silence inquiétant des autorités.

La capitale sénégalaise vit depuis trois jours une situation insupportable.Des ordures jetées ça et  là au vu et au su de tous.Dans des quartiers comme Grand Yoff, commerçants et tas d’ordures font bon ménage.Il faut boucher les narines pour éviter l’odeur nauséabonde qui se dégage de ce désastre écologique. A l’origine de la situation, la gréve des concessionnaires et techniciens de surface.Ils réclament prés de deux milliards de francs cfa représentant quatre mois d’arriérés de salaire.Les agents en charge du nettoiement laissent derrière eux ces ordures,les animaux en divagation  assurent.

 Ils mangent tout, même les sachets en plastique. Face au danger, les autorités font toujours la sourde oreille.Au deuxième jour de ce mouvement , les grévistes ont laissé entendre qu’ils ne vont pas reculer.Sur le terrain  ça pue partout.Certains observateurs estiment que si rien n’est fait dans les prochains jours, le sénégal risque de vivre un véritable problème de santé de publique.Ce n’est pas pour la première fois que les techniciens de surface observent un mouvement de gréve.Très souvent, ils déplorent le retard noté dans le payement de leurs salaire. Les autorités sont donc interpellées, elles doivent trouver une solution définitive à la problématique des ordures.Mais ce qui inquiète,c’est le silence des autorités.

Dakar:ma plume pour les sans voix

Remise du prix de l'excellence

Photo crédit /panos / Dakar le 06 déc 2013

 Cérémonie de remise de mon prix par le ministre de la communication et de l’économie numérique Cheikh Bamba Dieye

Ma passion du Journalisme a valu un prix d’excellence.Oui , je rêve d’avoir d’autres .Les messages de toutes et de tous,ont exigé de moi,le courage, l’envie,la volonté de continuer de chercher ce qu’ils cachent, de démasquer les ennemis du peuple,de mettre à nu les pratiques des mauvaises gestionnaires et détenteurs des deniers publics,de freiner les violeurs des droits humains ou encore….. J’ai été très touché par vos aimables et adorables  messages de félicitation suite à mon prix d’excellence pour la meilleure investigation 2013 sur la gouvernance et la gestion publique, Prix décerné par l’institut panos Afrique de l’Ouest .

Le grand reportage qui a été primé  a été réalisé au mois de juin 2013 dans la région de Sédhiou . Cette consécration c’est celle de la presse sénégalaise responsable ,admirable d’éthique, de déontologie et de loyauté. Pour  moi c’est le début d’une mission difficile certes mais possible. Encore une fois, mille mercis  à tous ceux-là qui ont reconnu ce travail dont le seul objectif était d’apporter la lumière sur des pratiques qui contribuent lentement mais surement à la disparition inconsciente  de l’Homme. Cette enquête  qui a porté sur l’exploitation abusive du bois a montré l’existence d’un véritable  réseau de trafic  national puisque sénégalais, ensuite sous régional car se déroulant d’une part en Gambie, enfin international car impliquant des chinois et des indiens. Toute cette association de malfaiteurs tue petit à petit les forêts de Sédhiou. Le bois mort comme le bois vert est  coupé .Cette  coupe abusive fait dire à beaucoup  d’ observateurs que d’ici dix ans, si rien n’est fait, on  ne parlera plus de forêts dans cette partie sud du Sénégal. Heureusement que des associations de défense de l’environnement se sont fortement impliquées  dans la lutte contre la déforestation mais leur combat est une goutte d’eau dans la mer. C’est un trafic intense , organisé, illicite qui nécessite aujourd’hui une forte mobilisation. Oui, il faut se mobiliser et s’armer de beaucoup de courage, de force pour faire face à ces puissants malfaiteurs  prêts à tout  pour s’enrichir.

Le voyage sans retour de deux sénégalais

 

plages-marocaines

Fin de voyage  de deux sénégalais

 Leur voyage s’arrête au Maroc. Mamadou Thiam et Abdou Ndiaye ne reviendront plus au Sénégal. Ces deux immigrés sénégalais sont morts noyés il y a un mois au large des côtes marocaines. Leurs parents restent introuvables, le consul général du Sénégal au Maroc a décidé de les faire inhumer au royaume chérifien.

« Les familles  sont vivement recherchées pour le rapatriement des corps, malheureusement, elles restent introuvables. Nous sommes obligés de les faire enterrer ici au Maroc. Les autorités sénégalaises nous ont donné l’autorisation. Il reste maintenant à payer et ça coute  cher pour inhumer un étranger au Maroc » soutient Tidiane Sall. Le consul général du Sénégal  Maroc s’exprimait sur les ondes de la Rfm une radio privée à Dakar. Ce dernier d’ajouter  que l’un des corps, celui de Abdou Ndiaye, a été retrouvé il y a un mois sur une  plage. Les corps ont été identifiés grâce à leur passeport mais leur état ne permet  pas des manipulations. Ces deux corps sans vie viennent s’ajouter à la liste macabre de sénégalais morts à l’étranger.Certains sont tués, d’autres laissent leur vie en mer au cours d’un voyage illégal.