Le mariage précoce, une situation qui reste toujours préoccupante au Sénégal. Malgré l’engagement des autorité à mettre fin à cette pratique, le phénomène persiste. Une fille sur trois se marie avant l’âge de 18 ans.

Un rapport de l’Ong « Save the children » révèle que le Sénégal fait partie des pays qui ont le taux le plus élevé de mariages d’enfants. L’étude indique toutefois que le Sénégal a fait beaucoup d’efforts dans la lutte pour l’élimination de ces mariages précoces. Il en ressort dans ces recherches effectuées en 2015 qu’une menace est réelle du fait de ces unions sur l’éducation, la santé et la sécurité des enfants. D’après les résultats de l’enquête, dans le monde, une fille de moins de 15 ans est mariée toutes les sept secondes.

L’Ong Save the children estime qu’il faut continuer la mobilisation et la sensibilisation face à l’ampleur du phénomène considéré par les chercheurs comme un handicap refusant aux filles leurs droits les plus fondamentaux : d’apprendre, de s’épanouir et d’être des enfants.

Au titre des recommandations, les responsables de l’étude invitent la communauté internationale à multiplier ses efforts parce que si les tendances actuelles se maintiennent, le nombre total de femmes mariées pendant leur enfance, passera de plus de 700 millions aujourd’hui à environ 950 millions en 2030 et 1,2 milliards en 2050.

Le Sénégal est le 14 ème pays sur 41 à avoir lancé sa campagne nationale en 2016, pour mettre fin au mariage des enfants. La campagne continentale du même nom a été lancée en mai 2014 par l’UA pour appuyer les gouvernements qui ont une stratégie nationale et aussi assurer les échanges de bonnes pratiques pour arrêter le mariage des enfants.

 Le Directeur pays de Save the Children au Sénégal, Dr Mathurin BONZI, déclare « le lancement de la campagne nationale au Sénégal démontre de la volonté des autorités à venir à bout de ce phénomène de société mais la mobilisation doit toujours continuer et Save the Children sera toujours aux côtés de l’Etat et de la société civile pour le respect des engagements en faveur des droits des filles ».

Un nouveau rapport publié aujourd’hui par Save the Children, aucune fille oubliée : libre de vivre, libre d’apprendre, à l’abri de la violence, a établi un indice des pays classés du meilleur au pire en ce qui concerne la situation des filles, en se basant sur les mariages d’enfants, la scolarité, les grossesses d’adolescentes, les décès maternels et le nombre de femmes siégeant au parlement.

Tout en bas de l’indice, on trouve des pays comme le Niger, le Tchad, la République centrafricaine, le Mali et la Somalie, dont beaucoup ont des taux élevés de mariage d’enfants. La Suède, la Finlande, la Norvège, les Pays-Bas et la Belgique sont parmi les mieux classés.

« Souvent, les filles mariées trop tôt ne peuvent pas aller à l’école et sont plus susceptibles d’être victimes de violence domestique, de maltraitance et de viols. Elles tombent enceintes et sont exposées aux IST dont le VIH. Elles portent également des enfants avant que leur corps soit entièrement formé, ce qui peut avoir des conséquences catastrophiques sur leur propre santé et celle de leur enfant. »

Le cadre juridique existe au niveau international, à travers la Convention des Droits de l’Enfant des Nations Unies qui a été ratifiée par plusieurs pays en Afrique, dont le Sénégal, et l’âge du mariage fixé à 18 ans, confère des droits égaux à l’homme et à la femme dans le mariage, précise qu’aucun mariage ne doit être contracté sans le consentement total et libre des personnes concernées.

Le rapport de Save the Children fait savoir également que Les filles touchées par les conflits risquent davantage de devenir des enfants mariées. Les filles de familles pauvres risquent davantage d’être mariées jeunes que celles des familles plus riches. Au Nigeria, 40 % des filles les plus pauvres sont mariées avant 15 ans, par rapport à 3 % des filles les plus riches

L’Inde est le pays qui connaît le plus grand nombre de mariages d’enfants, ce qui s’explique en partie par sa vaste population. Dans ce pays, 47 % des filles soit environ 24,6 millions –sont mariées avant l’âge de 18 ans.

Ce sont les filles qui souffrent le plus durant des crises humanitaires, comme l’épidémie d’Ebola en Sierra Leone, où l’on estime que la fermeture des écoles a conduit à 14 000 grossesses chez les adolescentes.

L’organisation Save the children, exhorte les gouvernements et les donateurs à investir dans l’éducation des filles et dans leurs chances de réussite dans la vie afin de mettre un terme au mariage d’enfants et à la discrimination fondée sur le genre.