sédhiou 99

Chaque jour, des centaines de personnes traversent le fleuve « Gambie ».Le moyen de transport le plus utilisé demeure ce « corbillard mobile », pardon le ferry qui assure la liaison village de Farafegné à Sénoba. Dans cet engin, tout le monde est passager, les personnes comme les animaux, les véhicules et autres marchandises embarquent et prennent tous le départ. Vous n’allez pas croire, mais ce ferry fonctionne avec un seul moteur. C’est ce qui fait que très souvent les passagers sont bloqués en pleine traversée à cause d’une panne du moteur.

Sur une distance d’environ deux kilomètres, le temps mis varie entre 1 h à 1 h 30. Autre calvaire vécu, c’est le temps que le voyageur peut perdre avant l’embarquement. Certains passent la nuit (passagers simples) ou font une semaine au bac (chauffeurs de camion) d’autres 12 heures de tour d’horloge. En plus de cet enfer, il n’y a pas de gilet de sauvetage.  Moi qui ai pris ce ferry je ne sais pas combien de personnes étaient à bord, ni les agents en charge de l’embarquement, personne ne peut vous indiquer le nombre de passagers par traversée. Ici, la surcharge est érigée en règle face à des risques de naufrage devenus ordinaires. Le danger est bien là, mais le dénoncer sur place est synonyme de suicide.

Dans ce pays frontalier avec le Sénégal, dirigé par un certain Yaya Jammeh, la liberté d’expression n’existe pas. La presse est bâillonnée, les défenseurs des droits de l’homme sont intimidés, les opposants politiques forcés à se taire de peur d’être envoyés en prison. En Gambie le président est aux anges, le peuple est sans droit. Paradoxe, ce pays a vu naître le procureur de la Cour pénale internationale, Fatoumata Ben Souda.